Romance et preservatif

"Perles" de la campagne #NoSex , par Aides, 2014

Vingt trois heures, samedi soir sur mon canapé, page de publicités entre deux épisodes d’une série américaine. Je tombe sur un spot de la campagne #NoSex de l’association Aides.

Une nuit de sommeil, deux cafés et des tartines de brioche plus tard, j’y réfléchis encore :
Le préservatif est il suffisamment présent dans les romans d’amour et dans les textes érotiques ?

En tant qu’auteure – de la première génération capote qui plus est- n’ai je pas ma pierre à apporter à l’édifice ? 

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Enfant des années 80, il m’a semblé normal d’avoir des rapports protégés depuis le début de ma sexualité. Le préservatif entrait (difficilement?) dans les mœurs. Tout comme l’homosexualité, petit à petit.

J’ai grandis dans l’anti-racisme (important mais rien à voir), la création du PACS (thème de mon court métrage réalisé pour le baccalauréat L cinéma-audiovisuel), et les petites boites funky pour ranger les capotes dans les poches de nos jeans.

Quelques quinze ans plus tard, je suis effarée d’apprendre que les campagnes pour l’usage du préservatif, et donc contre le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles sont encore nécessaires.

N’est ce pas entré dans les esprits et dans les habitudes amoureuses ? !
Ceci n’est pas une question. Pure rhétorique de ma part…

Regardons midi à ma porte : J’écris des romances. De fait j’analyse mon travail différemment. 
En tant qu’auteure, je suis amenée -avec plaisir en plus- à rédiger des scènes érotiques. A parler de sexe dans mes histoires.
Et je m’aperçois que non seulement je n’introduis (haha !) pas toujours le préservatif dans mes textes, mais qu’en y réfléchissant je le trouve rarement dans les romans des autres. 
Dans ce que je lis. Ce que vous lisez sans doute.

La capote peine à pénétrer (haha bis) la littérature, comme elle galère avec le cinéma.

Lorsque j’étais étudiante en cinéma, j’ai eu le projet d’adapter une nouvelle de Francis Mizio sur le sujet. J’avais rencontré l’écrivain (un homme absolument charmant, d’ailleurs !), et monté tout une équipe. J’avais obtenu l’aide d’Ikéa pour les décors, de la FNAC pour la future diffusion, et le partenariat d’AIDES. Il ne m’a manqué que le gros financement. Et le courage de l’obtenir auprès de la région…

Si je me suis dégonflée à l’époque il n’est plus question de me défiler aujourd’hui !

La preuve par le chapitre 4 de mon premier roman, et bien d’autres scènes que j’écrirai. 

Promis.

 » Des mains, je le guide jusqu’à ma bouche. Sur sa langue et entre nous, la saveur du miel de mon intimité.
Il grimpe sur le comptoir du bar, le souffle court, en débouclant la ceinture de son jean. Les boutons s’ouvrent un à un, puis retentit le son brusque d’un objet qui tombe sur le parquet.
J’écarquille les yeux en réalisant qu’il s’agit de son arme de service, mais l’homme interrompt toute protestation en embrassant mon expression surprise.
«  Avec toi, il vaut mieux être prêt à tout » murmure-t-il sur ma peau. Et je ne sais plus de quoi il parle. Du pistolet Sig-Sauer au sol ou du préservatif qu’il vient de sortir de sa poche ? 

J’agrippe sa chemise grande ouverte, balayant mes scrupules d’un feulement fâché. Cette situation est aussi insensée que notre relation.
« Viens », dis-je encore, pressée par mon sentiment d’urgence.
C’est de revenir que je le supplie. À demi-mot, et de mes lèvres pleines possédant sa bouche.
Pas dans ma vie, non. Dans mon corps. Sous ma peau. Dans mon âme et mon cœur, juste le temps de cette étreinte. 

Un papillon argenté vole par-dessus son épaule, et je lui mordille le menton pour le hâter. Mathias me sourit, un peu trop joueur.
Il met fin à mon tourment dans une inspiration, entrant en moi de toute sa longueur. « 

4 Replies to “Romance et preservatif”

  1. Effectivement !

    Mais écrivant aussi des textes érotiques, j’ai fait un alinéa dans le menu droit de mon blog, expliquant que le préservatif est indispensable pour faire l’amour. Aimez-vous, protégez-vous, vivez !

    Et donc cet alinéa explique que l’usage est obligatoire, mais que pour ne pas couper le fil du désir, je m’abstiens parfois de préciser cette évidence entre les personnages. Le rappel est fait auprès des lecteurs et lectrices.

  2. C’est justement là que se place ma réflexion :
    Ne devrions nous pas, pour « glamouriser » le préservatif -ou du moins le normaliser totalement-, le mettre en scène ?
    En parler est important, et vous faites fort bien.
    Mais le montrer en le faisant apparaître dans l’histoire et figurer au casting ne serait il pas plus efficace ?

  3. Bonjour ! Je trouve que ton article est plus qu’intéressant, il est inspirant ! Je pense en effet que nous devons, en tant qu’auteurs de textes érotiques, nous faire l’écho de temps en temps, si ce n’est régulièrement, d’un objet et d’un acte qui doit/devrait faire partie d’une majorité de relations non encore… mmmhhhh… testées ? :-p

  4. Merci Plume d’envies et Welcome dans mon humble demeure ! ♥
    Personnellement, je fais le serment de rendre le préservatif (quasi) sexy dans mes écrits.
    Ouh c’est solennelle ça. Haha!

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