Mes scènes d’amour

du film "Angélique" d'Ariel Zeitoun

 

Je crois qu’au premier coup d’œil sur ce blog -notamment grâce à mon logo baiser- , on comprend quel est mon thème d’écriture de prédilection. Non ?
La romance !
J’aime les histoires d’amour. Autant à vivre qu’à lire ou voir, et ensuite à écrire.

Qui dit histoire d’amour, entre adultes consentants, dit scène d’amour. Nous sommes bien d’accord. Et c’est justement là que tout se joue, à mes yeux, dans une histoire.
Ratez la scène, et vous me perdez.
Notons que dans la vraie vie, c’est un peu pareil… plantez vous la première nuit d’amour, et c’est souvent la fin prématurée de l’histoire.

Je me rend compte que je suis une romantique exigeante.
Le nombre de romans que je ferme avec frustration, tristesse ou déception à cause d’un érotisme trop frontal, ou carrément absent (une scène suggérée et non racontée, par exemple. Arrrgh !)…
Exception faite de certains romans roses, où il arrive que la mièvrerie et les allégories me font glousser comme une adolescente.

Bien souvent, dans un roman, un film ou une série, quand il y a une scène d’amour, je rougis ou arque les sourcils. Rarement, je vibre d’amour à mon tour.
Attention, je ne parle pas d’excitation d’ordre purement sexuelle. Il y a la pornographie pour cela.
Je parle d’excitation de l’esprit et de l’émotivité.
Notre toute première zone érogène n’est autre que notre imagination.

Ça peut paraître un peu présomptueux à avouer -pardon pardon!-, mais à croiser si peu de scènes d’amour qui m’enchantent, j’ai fini par décider d’en écrire.
L’exercice n’est pas simple ! Je m’y suis penchée pendant des années…
A force de tâtonner (haha!), je pense avoir trouvé ma propre recette pour les scènes érotiques.

 

♥ D’abord, que cela soit logique et serve l’histoire tout court.
Du sexe pour du sexe, c’est sympa, mais ça n’a rien à faire là. Sinon, cela semble forcé.
Il faut que ça soit justifié. Cette scène doit avoir une raison d’être. Pour les personnages ou pour le déroulement de l’aventure. Pas juste être là pour montrer de la chair.

♥ Justement, quand on y vient, moi je bloque totalement sur le moindre mot cru.
Le champ lexical choisi est essentiel. S’il va m’arriver un jour d’utiliser les mots « bite » (aaaah!) ou « chatte » (aaaaaah!!), ça sera dans un dialogue et pour être fidèle au niveau de langage du personnage en question.
Il y a des lecteurs qui aiment les mots familiers bien plus vulgaires que ces deux exemples. Heureusement, il y a plein d’auteurs qui écrivent de quoi leur faire plaisir en la matière.
Mais comme il en faut pour tous les goûts, pas chez moi.
Je ne passe pas pour une prude effarouchée, dites ? Non parceque je respecte tout à fait les gens qui apprécient l’érotisme « brut ».
Je suis juste partisane d’une version … hum… en dentelle, de la chose.
Plus délicate.
Ce qui n’empêche pas de donner chaud. Il y a des livres d’amour de collections Harlequin ou J’ai Lu aventures et passion que je trouve bien plus érotiques que « Fifty Shades ».

♥ Ne pas verser dans les trucs trop communs n’est pas évident non plus.
« Muscle d’amour », « sucre d’orge », « petit bouton de rose »… etc.
C’est un travers dans lequel je peux tomber. Soyez assurés que j’y résiste de toute ma force de relecture, découpant à grands coups de canif (ctrl+x) dans le texte.
L’écriture du Chapitre 4 de « Cadavres Exquis » a été un peu longue à cause de cela.
J’use beaucoup des métaphores, et les file pour décrire les corps comme leurs interactions.
Après, il est évident que l’effet de cette scène d’amour ne sera pas forcément le même sur tous les lecteurs. Certains la trouveront trop gentillette, d’autres trop imagée.
Moi, j’avoue, alors que j’ai pour habitude de lire mes brouillons à voix haute pour vérifier la musicalité et les respirations, là, j’ai pas pu !
J’aime bien cette scène pourtant. Elle ne me semble ni trop, ni trop peu. Mais surtout, elle me rend amoureuse !
En tant qu’auteure, je ne suis peut être pas objective. Hahaha!

♥ J’ai découvert dans ma quête de la scène d’amour idéale (pour moi) un petit ingrédient inattendu fort utile: le flou artistique.
Il ne s’agit pas de censure. Ni d’imprécision. Non, non.
Cela rejoint les deux points précédents. Si mes choix de mots, et mes compositions de phrases sont trop détaillés, très précis, le lecteur n’a pas de place pour combiner sa propre imagination à celle de l’auteure. Et ça gâche un peu, je trouve.

♥ Et enfin, l’élément le plus important : les sensations.
Physiques comme sentimentales.
Une scène d’amour qui me transporte est une scène où il y a de l’amour justement. Du désir, des hésitations, des frémissements, des pleins et des vides, des manques et des accomplissements.
Il ne faut pas seulement décrire ce qui se passe vu de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur des personnages. Ce qu’ils pensent, ce qu’ils éprouvent, ce qu’ils rêvent à ce moment là.
Ok, avec ma narration à la première personne pour Daphné, on pourrait penser que je me simplifie la tache puisque je ne peux pas décrire ce que ressent son partenaire…

Pfiou ! Vivement l’écriture de mes prochaines scènes d’amour !
Vous raconter tout ça m’a donné envie de m’y mettre.
D’après mon plan préliminaire, il y a une nouvelle scène érotique au chapitre 11 qui promet d’être riche en surprises, bien que pas du tout romantique. Genre dérapage sexy.
Et une belle apothéose en bouquet final, qui me rend déjà toute chose rien que d’y penser.
Sous mon glamour, j’ai un petit cœur de midinette…

 

Pour vous faire patienter jusque là, et illustrer mon propos du jour, j’aimerai vous montrer une scène d’amour telle que je les aime, au cinéma.
Elle est extraite du film « Angélique, Marquise des anges » d’Ariel Zeitoun, en 2013. Une nouvelle adaptation des romans du même nom.
Angélique est jouée par Nora Arnezeder. Le Comte de Peyrac est interprété par Gérard Lanvin.
Je suis tombée sur ce film au hasard de mes heures de télévision, et si je l’ai trouvé bon dans sa globalité, je suis restée touchée au coeur par ce passage en particulier.
Parcequ’il y a tout ce que je cherche et tout ce que j’écris.
Et parceque Gérard Lanvin y est absolument exquis. C’est dit !

Je me répète, mais ça, ça me rend amoureuse…