Let’s talk about text!

par Emmanuelle Fréget, novembre 2014

J’ai rencontré la fine équipe de WeLoveWords la semaine dernière à Paris, et ce fut comme un feu d’artifice de bonnes idées et d’énergies positives échangées !

Quand ils m’ont demandée si je voulais répondre à quelques questions pour un portrait sur leur blog, j’ai été trop heureuse de leur dire oui.

L’occasion d’être sentimentale (parce que c’est par le biais de cette communauté d’auteurs que mon aventure a débutée), et de passer un message encourageant à mes comparses jeunes écrivains.

Let’s talk about text, baby ! Let’s talk about you and me…


Comment as-tu découvert WeLoveWords?

Par un concours !
Un matin d’octobre 2012, coup de téléphone de ma mère : « Julie, il y a un concours Harlequin, il faut que tu le fasses. ».
Grande lectrice de romances, elle avait vu une bannière d’annonce sur le site de l’éditeur, en commandant son e-book du jour.
Maman étant un peu sorcière-bien-aimée sur les bords et cartomancienne à ses heures, je l’ai écoutée. On ne sait jamais…
J’ai cherché à en savoir plus sur cette affaire de concours. Il était organisé par WeLoveWords pour la maison d’édition. Alors, je me suis inscrite et j’ai participé en écrivant ma première longue nouvelle.
Bon, je n’ai pas gagné cette fois ci. Mais j’ai tant aimé le concept et la communauté que je suis restée !

En quoi la communauté a changé ton rapport à l’écriture?

WeLoveWords m’a tout d’abord apporté un lectorat. Quand on écrit c’est important ! Je n’avais pas de blog à l’époque, pas de visibilité sur les réseaux sociaux, et pas forcément l’idée de me plonger dedans.
En publiant mes textes, et notamment les premiers chapitres de mon roman, sur WeLoveWords, j’ai eu des retours de lectures. Des petites notes en forme de cœur et des commentaires. Des corrections aussi. De la part d’autres auteurs, de lecteurs insatiables, de gens sympathiques… C’est motivant !
J’ai rencontré ainsi des personnes formidables avec qui je corresponds avec passion sur l’écriture.
J’ai rencontré des amis. Oui, carrément. Nous nous soutenons et nous inspirons mutuellement.
Alors maintenant, lorsque j’écris, je sais que je peux compter sur mes copains et tous les WeLoveWordiens pour me donner leurs avis.
Et ça, c’est extrêmement précieux à mes yeux.
On a beau dire que l’on écrit pour soi, c’est un peu faux. On écrit pour partager avec les autres. Et cela, la communauté le permet.

Comment te définirais-tu en tant qu’écrivain?

Je dirais que je suis une brodeuse…
J’aborde mon travail comme une artisane. Écrivant et réécrivant jusqu’à ce que mon texte convienne. « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » disait Nicolas Boileau.
J’apprends beaucoup de mes trébuchements comme de mes réussites. J’étudie ce qui s’écrit d’autre et je fais de longues recherches.
Alors je suis une romancière appliquée, soucieuse d’apporter du plaisir à mes lecteurs. Ce qui tombe plutôt bien, parce que le plaisir, c’est mon crédo ! J’œuvre dans les histoires d’amour et l’érotisme.
Le glamour, l’audace et le sexy sont des éléments qui font du bien. J’en fais mes outils favoris. Et je crois, en toute humilité –humhum !-, que ça me ressemble assez.

Je suis aussi une écrivain 2.0.
C’est essentiel de nos jours. Il faut se prendre en main et venir à la rencontre de nos lecteurs.
Le mythe de l’auteur inconnu dont le génie est découvert par hasard par le monde entier, c’est fini !
Pour être lu, il faut être vu.
Il faut être à l’écoute, être réactif et accessible. Les réseaux sociaux sont merveilleux pour ça. WeLoveWords aussi.
Les lecteurs aiment de plus en plus lire de jeunes talents et faire leur connaissance. Quelque part, Internet nous rend enfin proches des gens qui nous lisent. Que l’on soit publié ou pas. C’est une chance qu’il faut saisir à bras le corps.
Alors allons-y ! Faisons notre propre promotion. Ouvrons des blogs et des pages Facebook. Partageons nos textes partout, pour qu’ils touchent leur public. Soyons humbles et soyons sincères. Soyons visibles et gardons le sourire !

Tu as un éditeur, peux-tu nous en dire plus sur cette expérience?

Haha !
Vous vous souvenez de ce concours de nouvelles pour Harlequin dont je parlais tout à l’heure ? Je l’avais perdu, certes. Mais je ne me suis pas découragée pour autant.
J’ai retravaillé mon histoire et l’ai grandement améliorée, avant de la proposer à la branche numérique de la maison Harlequin : HQN.
Leur réponse ne s’est pas faite attendre ! Quinze jours plus tard j’ai reçu le plus palpitant courriel de ma vie. Ils voulaient éditer ma nouvelle et étaient vivement intéressés par le roman que j’étais en train d’écrire. Mon univers et mon style les avaient charmés !
Il faut un certain temps (et quelques verres de vin blanc) pour se remettre d’une chose pareille. Mais après, hop, j’ai remis du rouge à lèvres et je suis retournée à mon clavier.

Aujourd’hui, j’ai signé un premier contrat d’édition avec HQN, et je termine le manuscrit de mon roman, au titre provisoire de « Cadavres Exquis ». A définir comme une aventure sexy et rocambolesque.
Si tout se passe bien, il plaira à ma délicieuse éditrice et sera publié dans la collection numérique cette année. La publication papier étant une possibilité, ensuite, si l’e-book est un franc succès.
Nous avons vraiment envie de travailler ensemble sur le long terme mon éditrice et moi. C’est un partenariat très inspirant. Elle a une excellente vision de ce que son lectorat désire. Et moi je fourmille d’idées de romances à écrire. (Dont une, oulala ! Il me tarde de la rédiger !)
Je réalise maintenant à quel point c’est un travail d’équipe.

Je sais aussi qu’il y a une part de chance dans ce qui m’arrive. Parce que nous sommes très nombreux à écrire et peu à être publiés. Ou s’auto-publier d’ailleurs. Ne fermons aucune porte.
Ma chance, je l’ai provoquée à force de travail sur mes mots et de persévérance.
Ma success story en cours est à la portée de tout écrivain.
10% de talent, 90% de labeur. Au final, 100% de bonheur d’auteur.

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