Sortons couverts

Couverture d'un petit recueil de nouvelles publié chez Librio en 1999

Nous avions déjà parlé de préservatifs dans les romances… 
Mais ça ne me suffit pas.

J’aspire à un « érotisme responsable » !
(l’expression est d’un ami auteur)

Le préservatif DOIT trouver sa place dans les scènes d’amour et dans les passages érotiques. C’est une question éthique à mes yeux. C’est une question de réalité contemporaine.
Il faut parvenir à glamouriser le préservatif dans la littérature comme dans les films.
Charité bien ordonnée commence par soi même. Alors je m’y attelle dans mes écrits.

En attendant, j’ai retrouvé un petit recueil de nouvelles publié en mai 1999. Et dont je désirais en adapter une en court-métrage lorsque j’étais en fac de cinéma.
Je vais le relire de ce pas.

Mais je veux vous livrer la préface de l’éditeur…
Elle est vraiment digne d’intérêt sur le sujet.

Préliminaires

 » C’est un objet de notre temps. Banal et nécessaire. Auxiliaire indispensable des rencontres amoureuses. Encombrant compagnon des nuits de tendresse ou des plaisirs de passage.

On ne l’aime généralement pas beaucoup. Il dérange. On ne sait jamais trop à quel moment le sortir. C’est lui qui vient interrompre les élans les plus enfiévrés et fait courir aux garçons maladroits le risque du ridicule. Il gêne, il serre, il atténue les sensations. C’est un machin grotesque.
Lorsqu’on en parle, c’est sur le ton de la grosse blague salace ou sur celui de l’allusion indéchiffrable. Et pourtant, il est là, dans notre portefeuille, dans notre poche, dans notre sac à main. Et s’il n’y est pas, il devrait y être. Car ni l’amour ni le désir ne préviennent du moment où ils feront irruption dans notre vie.

Malgré les progrès importants de la recherche médicale dans la compréhension du sida, le préservatif reste le seul et unique moyen de vivre l’amour sans risque. Bien sûr, en l’utilisant, on se protège soi-même et l’on protège les autres du sida et des maladies sexuellement transmissibles. Mais au delà de cet aspect, son usage peut aussi signifier que l’on respecte l’autre, son corps et son intimité. Qu’on les considère et, finalement, qu’on les aime…

En demandant à huit écrivains contemporains d’imaginer une histoire dont le préservatif serait le héros, nous nous sommes fixé un objectif difficile : libérer cet objet du discours médical ou moral dans lequel il baigne exclusivement depuis trop longtemps, et le replacer dans un contexte d’émotion, de rêve et de sensibilité.

La littérature a ce pouvoir de donner du sens à des choses à priori insignifiantes. Elle peut transformer un morceau de latex en objet de fantasme, de désir ou de crainte. Elle peut en faire rire ou en faire pleurer. Surtout, en le nommant pour ce qu’il est, elle brise les préjugés et nous aide nous-mêmes à en parler, à reconnaître sa nécessité ou, plus simplement, à passer la tête haute à la caisse de la pharmacie. « 

      L’éditeur. Flammarion-Librio

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