L’image de l’auteur.e

 

Je suis en plein préparatifs de mon shooting photo pour le portrait d’auteur 2018.
Je ne vous raconte pas l’organisation que ça demande, entre les heures de sommeil supplémentaires pour avoir bonne mine, les infusions aux plantes pour un joli teint, la restriction de charcuterie et autre fromages bien gras en cette période d’ouverture de fondue et raclette etc. etc.

Ça peut paraître superficiel. Pourtant vous n’imaginez pas à quel point c’est important.

Avant, l’écrivain pouvait se permettre de rester dans son bureau, d’écrire la nuit et de ne sortir le jour que pour se rendre dans le café du coin où les gens le connaissent, mais où ses lecteurs n’ont jamais vu son visage.

Aujourd’hui, avec Internet les smartphones et surtout les réseaux sociaux, tout le monde peut savoir qui est son auteur préféré. À quoi il ressemble, quelles sont ses opinions politiques, sa démarche, son univers. Et tout cela au-delà de ses romans. Alors l’image de l’auteur, c’est plus que juste la photo de quatrième de couverture. On va la trouver sur le livre, dans la biographie, sur la page Facebook, sur un site Internet, sur les sites des journaux, les blogs, la page l’éditeur, etc.

Parce que l’auteur d’aujourd’hui, et donc sa bouille et ce qu’il dégage en tant qu’être humain, sont des outils essentiels pour la promotion du livre. Voire un prolongement du roman en lui-même.

Le Nouvel Obs avait fait un article en 2013, intitulé « Pourquoi les écrivains sont-ils de plus en plus beaux ? », et les arguments marketing sont éloquents.

Mais au-delà de ça, l’image d’un auteur le représente lui et l’univers de ses romans tout simplement, auprès de son lectorat.

La difficulté de la chose c’est d’être au plus près de l’authenticité de l’auteur. Le but ça n’est pas de travestir, de mentir ou de fabriquer une image qui fait ‘bien’. L’équilibre n’est pas simple à trouver.

Depuis le début j’ai pris le parti d’imiter les auteures américaines qui font appel à des professionnels pour leurs photos, plutôt que de me contenter d’un selfie pour me représenter partout sur la toile.
Ça n’est pas évident de savoir se montrer. Nous sommes des romanciers pas des mannequins et poser est un travail particulier. J’ai été initiée par la première photographe à qui j’ai fait appel, Emmanuelle Fréget. Elle a su me guider, autant dans le langage du corps que dans les expressions du visage. Mais on ne photographie pas un écrivain comme on photographie un musicien ou un mannequin. Heureusement tous les photographes avec qui j’ai pu travailler ont compris la particularité de la situation.

Trop sérieuse, trop glamour, trop sexy, pas assez, intellectuelle, séduisante, sympathique…
On fait passer un message avec cette fameuse photo. Il s’agit de ne pas se rater.
Mes différents portraits d’auteure, réalisés depuis 2014 par trois photographes différents, montrent autant mes tâtonnements que mon évolution de romancière.
Le meilleur exemple c’est la différence entre 2016 et 2017. 2016 j’ai fait « tapis rouge ». On pouvait difficilement faire plus glamour. Mon premier roman allait enfin paraître aux éditions Harlequin, et ma série sur les pompiers commençait à prendre son essor. J’ai donc voulu exprimer la facette la plus paillette de ma personnalité.
2017, j’avais un peu plus de recul. Le portrait précédent me semblait trop sexy. Je voulais trancher, exprimer une facette un peu plus douce, parce que je suis ça aussi. Et là j’ai sorti la robe à fleurs les petites bouclettes et le regard soft. C’est toujours moi, mais curieusement ça ne colle pas à mes romans.

 

 

Pour 2018, j’ai davantage confiance en moi. À vrai dire, j’ai au moins deux romans qui vont sortir, et enfin des versions papier chez mes nouveaux éditeurs. Autant vous dire que l’année s’annonce aussi intense que belle pour ma carrière. J’ai la patate, j’ai le mojo, le sex-appeal jusqu’au bout des doigts et j’assume complètement le virage que j’ai engagé vers la romance contemporaine.
Du coup je rejoue la carte du glamour, et je le vis très bien. Avec une pointe de douceur, parce que c’est aussi moi.
Et en plus comme j’ai changé de couleur de cheveux, ce shooting est d’importance !

Cette année, d’ailleurs, je ne vais pas travailler tout à fait dans le même cadre. J’ai été approchée par Cédric, un photographe amateur (mais talentueux), qui fait partie d’une association photo, près de chez moi:  Le Club Photo du Pic St Loup.
L’association est présidée par un photographe professionnel, Dominique Watrelot, et elle compte de plus en plus de membres. Dans l’idée d’apporter une expérience intéressante aux photographes de cette asso, nous avons donc prévu de rendre mon shooting public. Dominique sera derrière l’objectif, les membres invités à assister ou à participer à la séance.

J’adore l’idée de ce double partage. L’expérience pour moi promet d’être passionnante.

J’ai pris mon rendez-vous chez ma coiffeuse, choisi une robe noire en satin, fait vernir mes ongles chez une esthéticienne, et préparé mon maquillage. Juste mon visage, mes mains, une étincelle dans mes yeux et un petit sourire. On pourrait dire que ça n’est pas grand-chose, mais c’est déjà beaucoup de travail !

Cette photo d’auteure, cette image primordiale, va m’accompagner toute l’année. Sur mes romans et auprès de vous. Je vous l’ai démontré, l’enjeu est grand. Mais rassurez-vous, l’amusement du shooting l’est tout autant. C’est toujours un grand moment.

 

Parce que je sais que mes robes de pin-up font sensation, voici le modèle que je vais porter :

Robe Ophelia, de chez LindyBop. Sauf que j’ai la version en satin. Glamour glamour !

À bientôt pour les photos making off, et bien sûr pour les photos finales 😉