Interview pour Non Censuré

Parmi mes nombreux amis auteurs, il y a ceux de la Romance, les autoédités, et les auteurs érotiques. En gros. Et dans cette dernière catégorie, il y a Jerk qui a rejoint depuis peu la rédaction du blog libertin Non Censuré. C’est dans ce cadre qu’il m’a demandé une interview.
(je vous arrête de suite : c’est hyper soft !)

 

Dans le boudoir avec … Julie Huleux

par Jerk, publié le 17 mars

Je considère le libertinage comme un état d’esprit. Une envie d’élargir le champs de ses plaisirs. La lecture y prend pour moi une place prépondérante. C’est le creuset des imaginaires, et imaginer, c’est libertiner. Encore faut-il que le thème, les personnages, l’écriture soit sexy et laisse la place aux divagations du lecteurs. Pile dans le mille. C’est pourquoi j’ai invité l’auteur de La Panthère Noire, la divine Julie Huleux.

J’avais imaginé un saxophone, celui des films policiers, style années 50, quand le flic en Borsalino et gabardine interroge une féline demoiselle dans un bureau austère. Noir et Blanc obligatoire, sauf pour la chevelure feu et le rouge à lèvre carnassier.

Elle serait assise, jambes croisées, calme comme si je ne l’avais pas fait attendre plusieurs heures avant de l’interroger. Si elle avait été accroc au tabac, c’est gantée de blanc et tenant un fume-cigarette du bout des doigts que vous l’auriez découverte. Trop de complication !

J’ai fait connaissance il y a une quinzaine de jours d’une Panthère Noire. Il fallait que je vous en parle. Notez le terme « Fallait ». Hors de question que vous passiez à côté.

J’ai dévoré le livre. Une Novella bien écrite, rythmée, cohérente… presque télégénique je dirais. L’histoire admirablement ficelée d’une déesse noire à la double vie : mannequin à la scène, espionne, voleuse, manipulatrice diablement douée à la ville.

 

Julie, peux-tu nous parler un peu de cette jolie black qui a fait palpiter mon petit cœur fragile ?

♦ Ah, je suis ravie d’apprendre que Eve a su te charmer ! C’était un pari audacieux de mettre en scène une héroïne noire dans une romance ardente. Pas tant risqué de ton point de vue masculin, mais pour les lectrices, c’est peu courant ! Mais l’accueil que reçoit ce personnage est très positif, c’est une belle nouvelle.

Eve est un personnage qui m’accompagne depuis 2009. Créée à l’époque où j’écrivais des ‘roleplay’. J’ai eu le plaisir de la glisser dans mon premier roman Miss Exquise, et je suis heureuse de lui offrir aujourd’hui une aventure rien qu’à elle.

C’est une guerrière dans son genre, une badass, qui n’a pas froid aux yeux et qui fait ce qu’elle veut de sa vie. Ça fait du bien des battantes comme ça. Capable de boxer comme un homme, de défiler sur des podiums, et de s’abandonner quelques heures dans les bras d’un mâle qu’elle aura mis à l’épreuve…

 

Inclure des scènes de sexe dans l’écriture, c’est presque devenu une obligation. Savoir leur donner un intérêt, une pertinence, c’est là le talent de l’auteur. Mais selon toi, qu’est ce qui fait une bonne scène de sexe dans un roman ?

♦ La cohérence. C’est ça le secret. Il faut que la scène érotique soit cohérente dans le déroulement de l’histoire. Et ça vaut pour la trame comme pour son style. Une scène très crue dans un roman tout mignon, c’est incohérent par exemple. On voit trop souvent, maintenant, des passages érotiques qui n’ont aucune logique narrative, juste là pour faire vendre.

 

Le débat est vif en ce moment concernant l’utilisation ou pas des préservatifs dans le X comme dans la littérature érotique. Qu’en penses-tu ?

♦ Je pense que la culture a un rôle majeur à jouer pour la banalisation du préservatif dans nos mœurs.

Si on ne montre jamais la capote dans les films, qu’on n’en parle pas dans les livres, qu’on ne la met pas en scène, et bien dans l’inconscient collectif ça reste tabou. Ou pire : accessoire.

Pour ma part, c’est une mission de faire figurer le préservatif dans les scènes d’amour ! Je prends soin de l’évoquer au minimum. Mais j’en fais parfois un véritable élément scénaristique ! Parce qu’il faut savoir si les personnages en ont sur eux, près d’eux, et si non, pourquoi ? Où s’en procurer ? Comment faire ? C’est important d’être réaliste, j’écris de la romance contemporaine, ça doit donc coller à notre réalité. Et dans la vraie vie, non, on ne couche pas avec quelqu’un comme ça sans se protéger. Le Sida et les MST sont réels!

 

Une des facettes de ta personnalité me fascine, j’avoue. Tu es, et c’est rare dans le domaine, auteur à temps plein. On parlera ensuite de tes autres publications, mais j’aimerais que tu me parles un peu de ce choix.

♦ C’est ça qui te fascine le plus chez moi ? D’habitude on admire plutôt les courbes de ma bouche… Haha !

Bon, pour te répondre sérieusement, j’ai pris cette voie de l’écriture à plein temps par refus du compromis. J’ai commencé à écrire mon premier roman alors que j’étais salariée, que j’avais des heures de transport et ma famille à gérer par-dessus le marché, et ce fut un tour de force herculéen.

Les auteurs ont chacun un mode différent pour entrer en résonance avec leur créativité, le mien demande une immersion sans partage.

Un moment, il faut choisir : soit on vit son rêve et on consacre son énergie à le réaliser, soit on compose et on rêve sa vie. J’ai donc choisi de prendre le risque, de quitter mon emploi et de mettre toutes mes forces à travailler mes histoires, mes livres et mon univers. C’est périlleux économiquement, c’est vrai. Mais la chance sourit aux audacieux !

 

Tu es l’auteur d’une série intitulée La Love Compagnie, et de Miss Exquise. Tu nous en dis quelques mots ?

♦ Miss Exquise est mon premier roman. Difficile à classer, je dirais que c’est une romance à suspense. Polar glamour, lui va à merveille. Le roman a été publié chez Harlequin dans une collection numérique, mais j’envisage de lui donner une seconde vie très prochainement dans une édition papier inédite !

La Love Compagnie, ah… Mon amour de série sur les pompiers ! Au départ ce fut un projet indépendant, que j’ai auto-édité avec plaisir et minutie. Je savais que le concept serait délicat à cerner pour les éditeurs. C’est une série d’action-romance, bâtie comme une série télé. Je fais souvent la comparaison avec Grey’s anatomy. « C’est pareil, mais avec des Pompiers de Paris ! ». Aujourd’hui, la série est rééditée en numérique chez un éditeur, et un nouvel épisode est sous mes doigts… Il sera prêt à paraître cet été.

 

Plus chaud encore, les Petites Nouvelles Mutines. Tu veux bien nous les présenter ?

♦ Ce petit recueil réunit trois de mes nouvelles écrites ces dernières années.

« Tout feu tout flamme », la dernière du recueil est romantique. Elle était lauréate d’un concours d’écriture organisé par la marque de prêt-à-porter Etam.

« La Femme au Ruban » fut la grande gagnante d’un concours de nouvelles érotiques organisé par une plateforme d’écriture et une newsletter influente. Elle avait conquis plus de 4000 lecteurs.

« Faire Semblant », la première du recueil, est clairement la plus coquine de toutes. Écrite pour un appel à textes d’un éditeur spécialisé dans l’érotisme et le porno, j’en ai profité pour m’amuser et relâcher un peu la bride à mes scènes érotiques !

Je tenais trop à ces petites nouvelles pour ne pas leur donner une place dans un livre, aussi menu soit-il. C’est affectif à ce stade !

 

Ton actu hors publication, c’est ta présence au Salon du livre de Paris (du 24 au 27 Mars 2016). Je peux encore te tutoyer ? Parce que ça s’apparente à une sorte de consécration quand même…

♦ Oh toi ! Haha !

Figure-toi que c’est la seconde fois que je viens à Livre Paris, car j’y étais l’an dernier sur invitation des éditions Harlequin.

Cette année, j’y vais pour présenter «La Panthère Noire», avec des dédicaces sur le stand de mon imprimeur. C’est encore un événement ! Le Salon Livre Paris est un rendez-vous que je ne veux pas rater. C’est l’occasion de rencontrer mes lecteurs et mes amis auteurs, j’adore !

 

 Un grand merci à Julie Huleux, auteur libre et fougueuse, pour ces quelques moments avec nous. La sexualité en littérature, c’est vos fantasmes qui se réalisent dans un coin de votre cerveau, et que peut être vous mettrez en pratique un jour. Lisez, imaginez, osez, soyez Non-Censuré.

JERK