La Love Compagnie 4 – premier chapitre

La Love Compagnie touche à sa fin, avec ce 4e épisode sur lequel je travaille ♥
Je pensais en faire 6, mais finalement, 4 c’est bien. C’est un cycle pour moi, et je vous finis cette série en beauté, dans un épisode fait avec beaucoup d’amour.

Je remets le manuscrit à mon éditeur chez City éditions fin avril. Normalement la version numérique devrait paraître cet été. Et vous pouvez compter sur moi pour appuyer l’idée d’une version papier de la série par la suite ! 😉

Rassurez-vous, cela dit, vous n’avez pas fini d’entendre parler de Loys, Maxime, Adrien, Sanata et leurs collègues de la Caserne de Montmartre. Car ils reviendront dans d’autres de mes livres.

En attendant, je vous offre le premier chapitre de mon manuscrit, et je vous embrasse.
Bonne lecture !

 

1

 

— On n’est pas bien là, franchement ? dit Catherine avant de pousser un profond soupir de satisfaction.
— Si, si.

 

Le ton de Maxime est beaucoup moins lascif. Et pour cause ! Ils ne sont pas du tout dans le même état de décontraction.
C’est l’été, le soleil brille haut dans un ciel bordé de rares nuages, l’océan atlantique clapote en petites vagues sages et l’air sent bon l’iode. Sur cette plage bretonne il y a des enfants qui font des châteaux de sable, des centaines de baigneurs et tout autant de serviettes étendues sur le sable. Sur l’une d’elle, Cat bronze, allongée sur le dos dans un petit bikini bleu adorable. Mais sur la serviette à côté d’elle, Maxime veille. Il se tient assis depuis une heure, le regard balayant avec attention l’espace de baignade.
— Mais enfin mon cœur, tu ne veux pas te détendre un peu ?
— Je suis hyper détendu là ! Tu sais que je n’aime pas faire le lézard comme toi, répond Max avec un petit sourire qu’elle ne voit pas à travers ses grosses lunettes de soleil. Tu vas avoir la marque, ma puce…
La jeune femme rit et retire ses lunettes. Elle bat des cils et se tourne vers son compagnon pour lui caresser le bras du bout des doigts.
— Tu as presque perdu ton « bronzage pompier », tiens.
— Ouais, t’as vu ? dit-il, satisfait.
Il détourne une minute ses yeux de l’eau pour se frotter le biceps. Au début de leurs vacances il avait le torse blanc et les bras bruns, la démarcation entre les deux teintes se faisait exactement aux manches du polo, et c’était comique. Tous ses collègues ont la même dégaine en été. C’est lié à l’uniforme qu’ils ne quittent quasiment jamais. Les bras et le visage bronzés, le corps blafard. De vrais clowns ! Bon, sauf le Sergent-Chef Valence, évidemment…
Maxime se demande comment vont ses confrères et dans quelle équipe il va tourner en rentrant de permission. Demain, la reprise. Le retour est programmé pour tout à l’heure, après le déjeuner.

 

— Ça m’a fait du bien, avoue-t-il en reportant son regard vers les baigneurs.
— Encore heureux ! Dix jours de repos au bord de l’eau, ça ne peut que faire du bien. Les barbecues, les apéros, la plage, les petites sorties… Moi aussi j’ai adoré. C’était juste trop court.
— C’est gentil de la part de tes parents de m’avoir invité dans leur maison de vacances.
— Mais enfin Chéri, c’est normal ! Ils sont contents de voir leur fille avec un homme tel que toi, alors ils te bichonnent, minaude-t-elle, flatteuse.
Catherine s’attend à entendre son petit-ami rire, comme il le fait à chaque fois qu’elle évoque sa fierté d’être en couple avec lui. Au lieu de ça, elle l’entend grommeler un juron. Interloquée, elle ouvre à nouveau les yeux vers lui, et le découvre debout sur sa serviette, les mains en visière et toute l’attention tournée vers l’horizon.
— Mon cœur ?
— Va chercher le maître-nageur ! ordonne-t-il avant de partir en courant en direction de l’océan.
Elle se lève en sursaut. Max est déjà en train de plonger entre les vagues. Les gens s’écartent autour de lui, surpris par le sérieux et la rapidité de ce jeune gars arrivé comme une flèche.
Catherine met à son tour ses mains au-dessus de ses sourcils et plisse les yeux dans l’espoir de distinguer ce qui lui aurait échappé. C’est là qu’elle voit une minuscule forme au loin disparaître et réapparaître des flots par à-coups désordonnés.
— Oh mon Dieu !
Elle ne prend le temps que d’attraper son sac à main avant de courir à son tour. Direction la petite guérite des sauveteurs ! Elle bondit au-dessus des vacanciers, au-dessus des pâtés de sable, en perd ses lunettes de soleil sur la plage et arrive à bout de souffle.
— Quelqu’un se noie ! Au secours ! hurle la jeune femme en sautillant sur place.
Quand les maîtres-nageurs sortent en trombe du cabanon, jumelles à la main, elle leur désigne le large.
— Vite ! Vite !
— Mais ils sont deux ?! s’étonne l’un des sauveteurs pendant que ses collègues foncent vers l’eau avec du matériel.
— Non, l’autre qui nage vers la victime c’est mon mec ! Il est Pompier de Paris !
— OK ! On va le rejoindre et l’aider. Reprenez votre respiration mademoiselle. Une chance que vous ayez vu la victime de si loin.

 

Une chance… Oui. Mais Catherine se dit, debout sur le sable brûlant de cette fin de matinée estivale, que Maxime n’attendait que ça. Elle recoiffe ses longs cheveux blonds tout emmêlés par sa folle course, et observe les opérations de sauvetage.
Et elle sourit…
C’était trop dur pour Maxime de se sentir inutile pendant dix jours. Sauver des vies, se mettre au service des victimes et éteindre des incendies, c’est toute sa raison d’être. Là, à part surveiller les grillades sur le barbecue et jouer au beach-volley, il n’a pas fait grand-chose de palpitant.
Sauf la nuit, bien entendu. Catherine rougit au souvenir encore frais de leur dernière nuit d’amour. Ah le repos lui a indéniablement fait du bien à ce niveau-là ! Il n’est pas le genre d’homme à rechigner devant les galipettes, c’est certain, mais pendant les vacances ça a été double dose. L’air du large doit y être pour quelque chose… Elle ne va pas s’en plaindre !

 

Les maîtres-nageurs et Max ramènent la victime vers la plage. C’est un homme, il est conscient, il crache de l’eau de mer, mais en tout cas il est entier. Maxime l’aide à se mettre debout, et les sauveteurs prennent le relais pour l’accompagner jusqu’au cabanon de secours.
Mais le regard de Catherine dévale sur le corps de son pompier. Ses yeux suivent le chemin des gouttelettes salées qui glissent sur sa peau encore couverte d’huile solaire. Ils parcourent chaque muscle rendu saillant par l’effort et l’adrénaline de ce sauvetage, et savourent la vue sans scrupule. Ce gars est taillé comme une statue grecque ! Ce sont les maîtres-nageurs, pourtant dorés comme des toasts, qui ont des choses à lui envier. Cet équilibre parfait des proportions, ces épaules larges sans être imposantes, ces bras puissants sans être déformés par une gonflette artificielle, ce torse, ces abdominaux de magazines, ces jambes solides, et ce fessier musclé que son short de bain mouillé met en valeur…
Il y a de quoi faire défaillir n’importe quelle nana en âge de procréer. Et avant l’âge aussi, car d’un bref coup d’œil à sa gauche Catherine constate que les petites filles autant que les mamans détaillent son homme avec fascination. Elle ne peut pas les blâmer. Elle ne vivrait pas avec lui, elle feindrait un malaise et s’écroulerait à ses pieds pour attirer son attention !
Ah, ses yeux si doux, ses cheveux ébouriffés où scintille encore un peu d’eau, son nez légèrement retroussé et ses sourires modestes…

 

Maxime laisse les sauveteurs à l’entrée du cabanon, et revient vers la jeune femme, un de ses irrésistibles sourires au visage. Il s’ébroue comme un chien ravi, avant de venir lui déposer un tendre baiser sur les lèvres.
— Pardon, ma puce. Je reste un peu pour voir ce qu’il en est. On y va après, OK ?
— Bien sûr, lui sourit-elle à son tour.
Elle a le cœur complètement fondu d’amour et le corps ardent d’envie de lui. L’admirer sortir de l’eau fut terriblement excitant. Et il a sauvé une vie en plus ! Peut-on faire homme plus sexy ?
Il retourne auprès des sauveteurs et de la victime. Cat pousse alors un soupir de groupie sous le charme. Ça fait un an qu’il lui fait cet effet-là.

 

Comme les rayons du soleil se durcissent sur sa peau tendre et que la crème protection 30 ne tient pas éternellement, la jeune femme commence à sentir ses épaules et ses pommettes chauffer. C’est assez pour la ramener au moment présent. Elle sort de sa rêverie en ouvrant son sac à main et dégaine son téléphone portable. Pendant les sonneries d’attente, elle rassemble mentalement ses affaires. Ils ont tout laissé en plan à des dizaines de mètres de là, pourvu que rien n’ait disparu.
Une ambulance des pompiers arrive, sirène hurlante. Rapidement, des hommes en uniformes bleu marine barré de rouge en sortent au pas de course, les rangers s’enfonçant dans le sable. Ils apportent tout ce qu’il faut pour transporter la victime jusqu’aux urgences.

 

À l’autre bout du fil, ça décroche.
— Allô, Maman ? C’est moi. Tu peux dire à Papa d’attendre un peu avant de démarrer le barbecue ? demande Cat en ne pouvant contenir un nouveau sourire. On va avoir un peu de retard…