Mens Sana in Corpore Sano et inversement

blessure de romancière
Tendinite et contractures musculaires à l’épaule. Blessure d’écriture !

Mens Sana in Corpore Sano. Un esprit sain dans un corps sain.

J’adore cette citation. C’est une maxime, une hygiène de vie. D’autant plus vrai pour moi depuis que j’ai conquis mon corps de femme (-30 kilos) et que je vis ma facette artiste au quotidien.
Je ne peux pas écrire, si je suis mal dans ma peau. Si je mange trop ou ne bouge pas assez…
Je vous l’avais confié dans ma première vidéo : pour être créative et performante intellectuellement, il me faut un mode de vie proche de celui d’un sportif.
Un corps sain, pour avoir mon esprit sain.

Sauf que… L’inverse est aussi vrai.

Le mental est un drôle de maître, et quand il se décide à prendre seul la barre, le corps trinque.

Ainsi, ne vous est il jamais arrivé d’avoir une période de déprime ou de stress intense, et d’en devenir physiquement malade ?

Lorsque j’étais encore salariée (dans une vie antérieure…), cela m’est arrivé plus d’une fois. Mais la dernière était mémorable !
J’étais si dépassée par ma masse de travail, si agressée de toutes parts et si peu préparée, avec une telle volonté de tenir le coup malgré tout, que mon corps s’est mis à me lâcher. Je perdais mes cheveux par poignées, et je vous assure que ça n’est pas une image ! J’avais la mâchoire si tendue et si crispée jour et nuit, que j’ai fini par me la coincer musculairement parlant. Cette mésaventure limitait donc énormément mon alimentation. Etre incapable de mordre dans une pomme, n’est ce pas aberrant?!
J’ai perdu 2 kilos en 15 jours à cette époque là. Et effet boomerang, quand la pression est retombée, crise de boulimie = + 4 kilos par la suite. Yeah !
Bon, ce sont des détails. Juste pour illustrer mon propos.

Aujourd’hui, je me pensais à l’abri de ce type de désagrément.
Je travaille chez moi, et mon travail est ma passion !
Ça n’est pas comme si j’étais de retour dans un bureau, à répondre à des clients mal embouchés, et à rendre des comptes à un patron lunatique…
Je fais une pause quand je veux, m’organise comme je le souhaite, fais du yoga, promène le chien, pars m’aérer, reviens au clavier, fais des recherches, mange quand j’ai faim… etc.
Bref, je suis à l’écoute des besoins de mon organisme et de mon inspiration. Et je SAIS comme ça n’est pas donné à tout le monde. C’est une chance.
Du coup, oui, je me pensais à l’abri du stress et de la somatisation…

Et bien non.

Figurez vous que j’ai quand même trouvé le moyen de me blesser.

Cela faisait deux semaines que je sentais que quelque chose clochait. Pas physiquement, hein. Mais dans mon travail d’écriture.
Je n’ai jamais de problème de page blanche, et j’ai une limite de « souffle » de trois pages. Je peux écrire trois pages sans souci puis hop, plus rien, il me faut recharger mes batteries. Mais là, depuis quelque temps chaque mot était difficile à sortir. Chaque phrase douloureuse et pénible. Chaque scène bancale et mal rythmée. Comme si il fallait m’arracher l’histoire des tripes avec une énorme pince.
Rien de fluide, rien de facile, et tout dans la douleur.
J’ai insisté et insisté. Gardant mes fesses sur la chaise et mes doigts sur le clavier, jusqu’à atteindre mon quota personnel de mots jour après jour.
Et dans cet entêtement, je n’ai pas entendu d’où venait cette résistance.
Il a fallu que mon épaule droite flanche et que des fourmillements s’installent dans la main avec laquelle j’écris, pour que je réalise :
Mon esprit avait pris le dessus et mon corps était négligé.

Verdict du médecin : Tendinite et contractures musculaires au niveau de l’épaule.
Raisons : stress, position de travail crispée, gestes répétitifs.

Stressée, moi ?!
Oui. Autant cesser de se voiler la face. J’ai tiré sur la corde depuis un mois. Entre la version papier (un travail MONSTRUEUX à réaliser), le manuscrit de l’épisode 2, le manuscrit du deuxième roman pour Harlequin, et les vacances scolaires (c’est à dire du monde autour de moi tout le temps… un calvaire), j’étais à bout.
Et puisque je n’avais pas entendu les signes avant-coureurs de mon corps devenu statique (  + d’heures sur l’ordinateur) et mal alimenté (youhou apéros/vin blanc!), et bien voilà : l’épaule a craqué.

Je fais comment, moi, droitière, pour écrire maintenant ?!

Me voilà obligée de me ménager, d’écouter ma pauvre petite enveloppe charnelle, de changer mes postures et mes lieux pour travailler, et de faire taire la petite voix de mon mental qui se stresse à cause des délais.

« 20 pages de retard sur ma prévision d’écriture du manuscrit! »
Chut chut…
Ça n’est pas de la fainéantise que de ralentir le rythme. Ça sera de la sagesse.

On va trop loin. On se demande toujours trop.
Vous, moi, tous.

Les adages ne manquent pas pour nous donner la marche à suivre.
« Qui veut voyager loin ménage sa monture »
« Qui va piano va sano »
« Ne craignez pas d’être lent, craignez seulement d’être à l’arrêt »

 Prenez soin de Vous.