Pour te faire craquer de Valery K Baran

Au Salon du Livre de Paris, j’ai pu faire la bise à quelques unes de mes collègues plumes chez Harlequin HQN. Et notamment à Valery K. Baran, avec qui j’échange volontiers sur les réseaux sociaux.
Je me suis offert le recueil composé pour l’occasion du Salon, « Des Romances et des Mots », et j’en ai enfin attaqué la lecture.

Parmi les nouvelles, celle de Valery, retitrée «Pour te faire craquer», dont je vous parle aujourd’hui.

 

4e de couverture

Les bonnes résolutions sont faites pour ne pas être tenues…

« Non » ? Comment ça « non » ?! Charlie n’arrive pas à y croire ; c’est bien la première fois qu’un homme refuse de coucher avec elle ! Pourquoi Romain a-t-il repoussé ses avances ? Pourtant, elle aurait bien aimé se rapprocher de lui et passer quelques heures dans ses bras musclés et réconfortants. Car, depuis qu’elle est revenue dans la maison dont elle a hérité, la nostalgie menace de l’engloutir. Mais hors de question de se laisser gagner par la morosité ! Avec les travaux de la maison de son enfance, elle sera sur place pour un bon bout de temps ; cela devrait lui laisser le temps d’atteindre son nouvel objectif : faire craquer Romain…

 

 

Mon ressenti de lecture

Cette nouvelle a été écrite dans le cadre d’un recueil, et chaque auteur s’est vu attribuer un choix de mots pour inspiration. Valery a eu le mot « amant », et elle a su le faire résonner d’une très belle façon.

C’est l’histoire d’une jeune femme, Charlie, revenant dans la maison de son père dont elle vient d’hériter. Ardèche, campagne profonde, calme, beauté des lieux et désertion. Cette grande bâtisse porte nombre de souvenirs de l’enfance peu commune de l’héroïne. Elevée dans une communauté hippie, puis partie pour reprendre une vie « normale » à la séparation de ses parents, elle n’en garde pas très bonne mémoire. Alors il lui faut du temps pour reconnaitre en Romain, le petit-fils de la fermette voisine, l’enfant avec qui elle jouait jadis. Une quinzaine d’années plus tard, c’est devenu un bel homme ! Un homme serviable mais bougon, qui tient les femmes à bonne distance, et cette parisienne sexuellement très libérée d’autant plus. Il va falloir des semaines de travail ensemble pour rénover cette maison, retrouver tous les souvenirs, et tisser de nouveaux liens entre eux deux.

Revenons au mot « amant »…
Valery est une autrice très engagée dans l’écriture de scènes d’amour. Que ça soit pour la mention du préservatif, pour les relations hétéros ou gays, pour l’approche érotique, pour le respect des partenaires… Là, elle pose notamment la question du consentement, et sa force est d’inverser les rôles ‘clichés’ : Charlie veut coucher avec Romain (et elle lui dit d’ailleurs très clairement et sans chichi, c’est assez rafraichissant !) , mais lui refuse catégoriquement. Après tout, pourquoi un homme serait-il toujours partant ? Tout le nœud de cette nouvelle se fait sur cette différence, jusqu’à ce que les héros se rapprochent enfin émotionnellement, au-delà de leur attirance auquel Romain ne cède pas facilement.

J’ai aimé cette histoire, pour la plume agréable et efficace de l’autrice, pour la profondeur de ses personnages, pour leurs fêlures humaines, pour les touches d’humour et pour la beauté des scènes d’amour.
J’ai adoré me faire surprendre par cette courte romance, et sortir avec elle de certains sentiers battus. J’ai passé un excellent moment de lecture, et j’en suis sortie souriante.