Red Hot – Les Roux sexy

Le 12 janvier a eu lieu la « Kiss a Ginger Day ». Autrement dit, la journée où l’on embrasse quelqu’un de roux.
Mais qu’est-ce qu’elle a, Julie, avec ses rouquins?

C’est vrai ça, j’en ai quelques-uns parmi mes personnages maintenant ! Sylvain dans une nouvelle, Adrien dans La Love Compagnie, Alexandre dans mon futur roman Rouge.
Non seulement je l’assume à merveille, mais figurez-vous que ça n’est pas un hasard.

Je lève le voile de suite : il n’y a pas spécialement d’homme roux dans ma vie. PompierChéri est brun, tendance poivre-et-sel d’ailleurs. Séduisant aussi, mais rien à voir.

Ça m’a pris en octobre 2014. Je m’en souviens très bien.
J’avais ouvert mon site internet et ma page Facebook depuis quelques mois. Je commençais à animer cette dernière avec des éléments de mes recherches, de mon inspiration et des extraits de mes manuscrits.
J’avais mon roman Harlequin en cours d’écriture, et pour m’offrir une pause, je cherchais une idée pour participer à un petit concours de nouvelles organisé par la marque de lingerie et prêt-à-porter Etam.
Et par la même occasion, un beau gosse à poster sur ma page. Parce que ça plaît beaucoup aux lectrices, les sexy Eye Candies 😉

Dans ces cas-là, j’erre… Au gré des chemins de la toile internet.
Vous savez comment ça se passe : on clic là, ça nous propose de lire tel article ensuite, ça nous donne une piste, on lance une recherche google, ça nous met sur un autre chemin… etc.

Et c’est ainsi que j’ai découvert le travail de Thomas KnightsRed Hot Project !

Boum. Rélévation ! ♥

Thomas Knights
Ken Bek, l’égérie de la 1ere expo

Le Red Hot Project est l’idée d’un photographe roux, harcelé dans son enfance, comme de nombreux rouquins, et agacé de constater une fois devenu adulte que les hommes roux n’avaient jamais le beau rôle.
C’est vrai ça. Dans l’imaginaire collectif, et notre culture médiatique (livres, séries tv, ciné) une rousse est une femme mystérieuse, fatale et profondément sensuelle. Ou une jeune innocente vierge et un peu sorcière sur les bords. Ce qui n’est pas forcément de super options de rôles, soit dit en passant.
Mais un homme roux? C’est un personnage secondaire dans le meilleur des cas. Un méchant dans le pire. Sidekick aussi. Ou un moche. Génial…

  
  

 

Sans rire.  Le chapitre « rousseur » de Wikipédia résume bien la situation culturelle négative.

Le personnage roux dans les films ou les livres a souvent campé le traître (avec le classique ténébreux et perfide brun). La femme tentatrice est souvent représentée en rousse (par exemple, dans le roman Le Parfum de Patrick Süskind, les deux jeunes filles dont le parfum est si convoité par Grenouille, c’est-à-dire Laure Richis et la fille sur la rue des Marais, sont rousses), alors que la femme maternelle ou mariée sera blonde, et la maîtresse ou l’aventurière est souvent brune (comme Lara Croft). Ce genre d’association est très ancien; dans l’Antiquité et au Moyen Âge, la couleur rousse est souvent considérée comme une anomalie ou un mauvais présage, Judas étant souvent dépeint comme roux par exemple. C’est aussi la couleur de personnages bibliques comme le roi David.

Dans la littérature médiévale, le roux est également associé au renard : c’est souvent une référence au Roman de Renart, qui propose une vision ambiguë du célèbre animal. Certes rusé — ce qui est une qualité — mais également méchant envers son stupide et cruel oncle Ysengrin. De même, Judas Iscariote fut parfois représenté comme roux à cette époque.

Dans de nombreuses cultures, les roux ont longtemps été considérés avec méfiance voire détestés. Chez les Égyptiens, ils étaient le signe de l’appartenance au dieu Seth. Seul Ramsès II, pharaon roux ouvertement rattaché à Seth par sa famille (son père Sethi Ier n’hésita pas à inclure le nom du redouté démiurge dans son nom), fit exception.

Au Moyen Âge, ils étaient le signe de lien ou de commerce avec le diable, ainsi que de sorcellerie.
En effet, on pensait qu’ils vouaient leur âme et leur corps au diable, et que, brûlés par les flammes de l’Enfer, leur chevelure devint couleur de braise.
C’est probablement de là que provient le préjugé : « Les roux n’ont pas d’âme ».
Croiser un roux effrayait car nombreux étaient ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un loup-garou.

En Roumanie, berceau du mythe des vampires, on se représentait volontiers ces créatures comme ayant les cheveux roux.

 

En creusant un peu, Thomas Knights s’est aperçu que de nombreux comédiens que l’on voit bruns ou blonds à l’écran sont en fait des rouquins !
Michael Fassbender est l’un des plus criants exemples.
Cet homme est à tomber par terre, soit dit en passant…

 

Fort de ce constat, et de sa propre couleur de cheveux, Thomas Knights a cherché des hommes roux partout, des sportifs, des inconnus, des mannequins, des acteurs-figurants, les a photographiés de façon à mettre leur rousseur et leur charme en valeur et a monté une exposition. Le Red Hot Project a ainsi voyagé dans le monde ! Londres, New York, Sydney… Diffusant une image très positive des rouquins.
S’en sont suivis un calendrier et un artbook, dont une part des droits est reversée à une association contre le harcèlement à l’école.

Le Red Hot Project a contribué à changer la donne. Certains de ses modèles sont maintenant des mannequins de grandes marques, portant fièrement leur rousseur. Les lignes bougent aussi dans le cinéma et la télé, où on demande de moins en moins aux comédiens roux de changer de couleur de cheveux pour leurs rôles.
Rapport de cause à effet ? Effet de mode ? Peu importe, le changement est bon à prendre!

 

Cliché Vintage Romance ! (difficile de trouver un roux en couverture…)

Du coup, j’ai réfléchi à mon propre travail et à l’univers de la Romance en général… Et à part dans les histoires de beaux Irlandais, des Écossais ou de Vikings, je n’ai pas l’impression de croiser beaucoup de personnages principaux masculins roux.

Les roux ne représentent que 1% de la population mondiale. Et pourtant, je trouve profondément injuste ces mauvaises images qui leur collent à la peau.
Comme je trouve qu’il faut plus de personnages principaux asiatiques, d’héroïnes noires, de lesbiennes dans la romance mainstream, de chats (ça manque de chats !), de transsexuels, transgenres etc.

J’ai aussi mon rôle à jouer !
Aussi modeste que soit mon influence.
Et c’est ainsi que j’ai eu l’idée d’un jeune homme roux pour incarner le love interest de « Tout Feu Tout Flamme », ma nouvelle pour le concours Etam. Et ma nouvelle a été lauréate !!

J’ai récidivé en poussant le bouchon plus loin : et si mon sexy badboy de La Love Compagnie était roux ?
Bam : le Caporal Adrien Laurent !

Et aujourd’hui, je vais encore au-delà…
Alexandre, le frère d’Adrien et héros de mon prochain roman est roux également. Et là, il n’est pas un personnage parmi une équipe d’autres, mais LE HÉROS du livre. A tel point que le roman porte pour titre le surnom d’Alexandre chez les pompiers : Rouge.
Sexy, doux, bienveillant, héroïque, torride, hésitant et roux… Vous en tomberez forcément amoureuse.

Et là, voyez-vous, je suis fière de moi. 😉
Mission accomplie.