« Sauver ou Périr » : les premières pages du manuscrit

Pour répondre à un appel à textes peu commun, je prépare un manuscrit de plus. Mais pas n’importe lequel ! Il s’agit d’une version plus musclée de « La Love Compagnie » ! 😉

Je ne peux pas vous en dévoiler davantage pour le moment, et j’ai à peine quelques semaines pour boucler le synopsis et les premiers chapitres avant la clôture du concours.
Mais pour le plaisir, je vous dévoile en avant première les deux premières pages brutes de ce nouveau projet.

 

Sauver ou Périr

Le calme du petit matin est un plaisir rare. Un plaisir qui se savoure avec le café, du pain beurré, une confiture faite maison, et le sourire ensommeillé d’une jeune femme.

L’homme accoudé au bar de sa cuisine américaine, un mug de café noir et brûlant entre les doigts, aime ces moments, juste à l’aube, où les mots sont superflus mais murmurés quand même. Il apprécie la lumière douce dans la cuisine, et le ronronnement du frigo qui perce le silence de la maison.

Une des petites ampoules basse consommation qu’il a installée au-dessus du plan de travail a l’air de donner des signes de faiblesse. Il se disait bien que l’éclairage, justement, était plus léger que d’habitude… Il s’en occupera à son retour, et se réjouit de n’avoir à penser qu’à cela pendant encore quelques minutes. Après, il va falloir prendre la route et se rendre au travail. Son sac est bouclé, son visage est rasé de près. Il se sent en forme. Comme toujours.

— Vingt-quatre heures ? demande la jeune femme en se frottant doucement les yeux.

— Quarante-huit. Je vais rater la réunion avec l’institutrice de Lucas…

— Ne t’inquiète pas. C’est encore pour parler de la sortie de fin d’année. Rien de passionnant. Je te ferais un rapport, mon Caporal-Chef.

Elle sourit et vient l’embrasser sur cette boutade. Il en profite pour la prendre dans ses bras et la serrer fort contre lui. Le pyjama élimé qu’elle porte pour prendre le petit déjeuner est un tue-l ’amour, ses cheveux défaits prêtent à rire, et sa mine est un peu trop pâle, mais il la trouve belle le matin.

— Tu seras prudente ? dit-il en relâchant leur étreinte.

Elle lui tape un pectoral du dos de la main pour répondre à la plaisanterie.

— Parles pour toi ! Moi je ne risque pas grand-chose entre le bureau et l’école maternelle. Tu fais attention Loys, hein ?

— Depuis le temps, tu me poses encore la question.

— Jusqu’à ce que le pire nous sépare !

Il esquisse un sourire en coin et dépose un baiser sur le nez boudeur de son épouse.

— Embrasse le petit pour moi.

— Bien sûr…

Ils se quittent sur ces mots. Lui déjà l’esprit vif en franchissant le seuil de la maison, prêt à attaquer les deux jours à venir. Elle, les sourcils froncés malgré l’habitude.

Elle le regarde marcher dans l’allée du jardin. Son corps taillé par le sport et le port de charges lourdes, ses épaules larges, ses biceps qui étriquent chacun de ses polos, et ses jambes moulées dans un jean. La trentaine, la force de l’âge, et le bagou d’un meneur d’hommes. Ses copines parents d’élèves fantasment toutes plus ou moins en secret sur son homme. « Tu as vraiment décroché le gros lot ! » soupirent-elles à la moindre kermesse. Oui, si ça n’était sa présence en pointillés, c’est certain. Il y a des jours où elle se dit que c’est le lot des femmes de super-héros.